J’aime bien automatiser des choses. Vraiment.
Mais je n’ai aucune envie d’automatiser tout ce qui bouge.
Une tâche manuelle n’est pas automatiquement un retard technologique. Si elle prend trois minutes par mois, change à chaque fois et demande un vrai jugement, la laisser manuelle peut être une excellente décision.
Le calcul est souvent beaucoup plus simple qu’on ne le pense
Tu fais une tâche deux fois par an. Elle prend vingt minutes.
Même si elle est pénible, construire une automatisation autour peut te coûter plus de temps que tu n’en économiseras pendant plusieurs années. Et je ne parle même pas de la maintenance.
À l’inverse, dix minutes tous les jours sur un processus stable peuvent devenir intéressantes très vite.
Fréquence, temps consommé, stabilité. Rien qu’avec ça, tu élimines déjà beaucoup de faux bons projets.
Les règles changent toutes les semaines. Deux personnes ne travaillent pas de la même façon. Les exceptions sont plus nombreuses que le cas standard.
Ce n’est généralement pas le moment d’automatiser.
Une automatisation transforme des règles en exécution. Si les règles ne sont pas claires, le système va surtout figer une version du bazar.
Le système traite parfaitement huit cas sur dix. Très bien.
Mais les deux cas restants demandent quinze minutes de reprise, un contrôle complet et parfois un retour au traitement manuel. S’ils arrivent tous les jours, le bilan peut vite devenir beaucoup moins séduisant que la démo.
Avant de construire, regarde les vrais dossiers des dernières semaines. Pas le processus théorique.
La maintenance fait partie du prix, même si elle n’apparaît pas dans la démo
Une API change. Un champ devient obligatoire. Une personne quitte l’entreprise. Le fichier d’entrée change de nom. Le service utilisé modifie une règle.
Qui s’en occupe ?
Si la réponse est « euh… personne », le système est déjà fragile.
Je trouve important de le rappeler parce que le discours autour de l’IA donne parfois l’impression que tout ce qui reste manuel est en retard.
Non.
Une tâche claire, rapide et maîtrisée peut rester manuelle. Une règle plus simple peut suffire. Une suppression de tâche peut être encore meilleure.
Le progrès, ce n’est pas de mettre le maximum de technologie dans le travail. C’est d’enlever ce qui gêne vraiment.