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Données & fiabilité

Une réponse IA peut être convaincante et quand même être fausse | IA Tours

Cédric Bonetti 3 min de lecture

Le piège est assez simple : une réponse bien écrite donne envie de baisser la garde.

Les phrases sont propres. Le ton est assuré. Il y a parfois même une source entre parenthèses, ce qui finit de donner un petit parfum de sérieux.

Et pourtant, le chiffre peut être faux. La source peut parler d’autre chose. Une nuance peut avoir disparu. Une date peut avoir été mélangée avec une autre.

La fluidité n’est pas un certificat de conformité.

Je ne vérifie pas tout de la même manière

Une reformulation interne sans conséquence ? Je lis et je corrige si nécessaire.

Un chiffre qui part chez un client ? J’ouvre la source.

Une règle réglementaire ? Je cherche le texte primaire, sa date et son périmètre.

Une décision importante ? Je veux que quelqu’un de compétent puisse réellement l’assumer.

Le niveau de contrôle dépend de ce qui se passe si la réponse est mauvaise. C’est beaucoup plus praticable qu’un vague « attention, l’IA peut se tromper ».

« Donne-moi ta source » ne suffit pas

La source peut exister et ne pas soutenir l’affirmation.

Elle peut aussi donner un chiffre juste mais sur une autre population, un autre pays ou une autre année. C’est particulièrement traître avec les statistiques : le pourcentage reste le même sur l’écran, mais son sens a complètement changé.

Donc quand le fait compte, clique. Lis. Cherche la phrase ou le tableau qui soutient réellement ce qui est écrit.

Tu demandes un résumé d’un compte rendu ? La matière est sous tes yeux.

Vérifie les décisions, les dates, les montants, les réserves importantes. Regarde surtout ce qui pourrait changer l’action derrière.

Je ne relirais pas forcément chaque mot du document. Je contrôlerais les éléments dont l’oubli ou la déformation ferait prendre une mauvaise décision.

Quand tu ne sais pas vérifier, change le rôle de l’IA

C’est probablement le cas le plus dangereux : tu poses une question dans un domaine que tu ne maîtrises pas, la réponse paraît logique et tu n’as aucun moyen simple de sentir ce qui cloche.

Dans ce cas, utilise-la plutôt pour préparer le travail : quels concepts dois-je comprendre ? quelles questions poser à un spécialiste ? quelles sources officielles chercher ? où sont les points d’incertitude ?

Ça reste très utile, sans faire semblant que la première réponse est devenue une expertise.

La bonne question n’est pas « est-ce que ça a l’air vrai ? »

Demande plutôt : comment puis-je savoir que c’est vrai ?

Ça paraît presque idiot comme changement. En usage professionnel, il fait une sacrée différence.

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